GUEST POST : Marie, ancienne coachée, désormais coureuse

– Cette fois-ci, nous laissons avec plaisir la parole à une invitée sur le blog pour vous livrer son histoire et ses conseils ! Marie, passée par le coaching Stimul en 2014, confie sa success-story avec honnêteté et c’est tout simplement génial. Pour continuer de la lire après ce post, vous pouvez la retrouver sur son blog personnel, ici. Bonne lecture ! –

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Je m’appelle Marie, j’ai 35 ans et je viens d’une lignée de gros.

No wait. Je viens d’une lignée de gros mangeurs, de gens qui « vivent bien ». D’une mère qui cuisine à peu près tout en sauce. D’un frère qui met 300 grammes de fromage « par personne » quand il fait un welsh (ça vient du nord, c’est du fromage fondu avec de la bière, et ça se mange avec des frites, bien entendu !).

Vous voyez venir le tableau : grassouillette = n’aime pas le sport. Ou plutôt : c’est le sport qui ne m’aime pas. HA ! Vous avez ri de ma mauvaise foi ? Ca tombe bien c’est exactement ce qui m’a toujours tenue bien à distance de toute forme d’exercice.

Le truc à savoir c’est que depuis Août 2014, malgré une absence totale de relation avec le sport depuis des années, je me suis mise à courir. Notez bien que je ne fais pas du « jogging » ou de la « course à pied » ou même du « running ». Non je cours, c’est tout. Un peu comme Forrest Gump.

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Courir n’était pas une révélation.

Ce n’est pas arrivé parce qu’un matin je me suis levée et que j’ai décidé que j’étais une coureuse.
Ce n’est pas arrivé parce que je voulais perdre du poids (mais je n’avais rien contre).
Ce n’est pas arrivé parce que j’étais désespérée de trouver un sport qui me convienne (je vivais très bien sans !).
C’est la somme d’un nombre de coïncidences qui ont commencé d’entrer en collision pendant que je regardais ailleurs.

 

Ce que je savais c’est pourquoi je ne courais pas

Je passe en accéléré sur le cliché selon lequel le cross du collège était un moment absolument traumatisant pour moi (jusqu’à ce que j’implore mon médecin de m’exempter en 3ème, merci Dr K. !) et on arrive directement à la case adulte, et à la question que j’ai posée à beaucoup de mes actuels amis : « tu COURS ? mais… POURQUOI?! ».

Pourquoi les gens avaient-ils besoin de s’infliger une telle torture ? La sueur, le souffle court, l’envie de crever sur place sur le terrain stabilisé au petit matin glacial (les souvenirs du collège ont la vie dure), le look totalement approximatif. Et je ne vous parle même pas des horaires : le matin c’est trop tôt, la journée y’a trop de pollution, le soir c’est dangereux.

Mais oui : courir c’est DANGEREUX, regarde toutes ces gonzesses qui se font enlever dans les bois et qu’on retrouve en petits morceaux ! Non courir ce n’est pas pour moi. De toute façon je n’arrive pas à courir et respirer en même temps ! Et puis j’ai fait un peu d’asthme à l’adolescence. Et puis j’ai des gros seins, ça me gêne vous comprenez ? C’est lourd, ça bringuebale, c’est pas fait pour courir non-non-non.

Parfois certains essayaient de me dire « nan mais le truc c’est que c’est comme une drogue tu vois, quand tu commences, tu ne peux plus t’arrêter ». MAJOR. FACEPALM.

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Comment peuvent-ils croire que comparer ça à une drogue va me donner ENVIE de m’y mettre ? Je n’ai pas envie d’être une droguée. Je n’ai pas envie d’avoir des pulsions de maniaque accro, tout ça pour finir par aller me ridiculiser dans la rue en jogging et revenir en dégoulinant de sueur et en crachant mes poumons ! Nope. Je passe mon tour !

 

La vie « healthy »

Quand tu arrives à 34 ans et que tout le monde sans exception t’appelle MADAME (sauf ma voisine qui croyait que j’en avais 26, coucou Nawelle <3), il y a un truc qui commence de te préoccuper, c’est LA SANTE ma bonne (ma)dame. La preuve la plus formelle de ce nouveau besoin de « rester en forme », c’étaient mes amis gays qui s’étaient tous mis à la gym suédoise comme un culte, ou mon ex-coloc qui à 38 ans avait commencé… le roller derby O_O

Suite à un régime qui m’a fait perdre un certain nombre de kilos (13) (je vous ai dit que je viens d’une famille de gros mangeurs ! Ma belle-soeur fait des tartiflettes en plein été !!), la question était plutôt pour moi de savoir comment maintenir une forme d’exercice light (« marcher c’est aussi du sport » avait dit le médecin qui a écrit mon bouquin de régime ! Love love love Dr Mike <3) et surtout, comment entretenir mes nouvelles habitudes alimentaires pleines de légumes et de probiotiques qui t’aident à digérer.

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Je me mets donc naturellement à lire des sites de recettes, qui m’emmènent sur un blog tenu par une nana qui s’appelle Darya et qui parle de « healthstyle » et de « foodism ». Son approche me parle : oui je veux être en bonne santé et oui j’aime la bouffe, même quand il n’y a pas de sauce (mais Maman si tu lis cet article, je veux quand même de la sauce à Noël !). Oui je ne veux pas être une obsédée du poids et des régimes, et je bois toutes les paroles de Darya comme mon litron d’Hépar quotidien (la digestion c’est ma passion).

Et dans son e-book, Darya suggère de se munir d’un podomètre parce que « 10 000 pas par jour c’est bon pour la santé« . Aucune idée de ce que ça représente (spoiler : environ 8km) mais c’est bientôt Noël, je le mets sur ma wishlist amazon. C’est à partir de ce moment-là, je crois, que ma vie a basculé (musique dramatique dans votre tête svp).

 

25 décembre 2013 : le début de la marche trackée

J’adore internet (en même temps je suis graphiste, il vaut mieux pour moi !), mais j’adore aussi un truc super vicieux que n’importe quelle personne qui a mis un jour en place un analytics ou une newsletter comprendra : J’ADORE LE TRACKING. Je suis borderline Génération Y en plus (1979 = 5 minutes avant la DLC de la Génération X) donc tracker mes moindres pas c’est un peu ma façon à moi de devenir accro au selfie.

En plus il se trouve que j’ai lu récemment que « ce qui se mesure, s’améliore« . Vérifions cela ensemble :

  • 1er jour : 8930 pas. Peut mieux faire.
  • 2eme jour : 10 159 pas. Un peu juste.
  • 3eme jour : 14 171 pas. I. CAN. DO. THIS. (<— ceci représente un mélange de stupéfaction et d’enthousiasme).

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Mon arme secrète : j’ai un chien. Enfin j’ai DES chiens.

Je suis famille relais pour l’école des chiens-guides d’aveugles de Vincennes. Donc quand tu as un chien qu’il faut sortir au minimum 3 fois par jour pour qu’il vide sa vessie dans le caniveau et pas sur ta moquette, forcément ça te fait un certain nombre de pas en plus comme le montre ce graph :

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Sauf que comme je fais du relais (des périodes allant d’un week-end à un mois), ce n’est pas tout le temps, comme on le voit aussi dans les phases basses du graphe. Phases qui témoignent aussi que ma vie de freelance n’est pas remplie de gaudriole : en mars et en mai j’ai eu le cul globalement vissé sur ma chaise de bureau…

C’est donc vers cette période que je me suis dit en mon for intérieur « merdum, tous mes efforts vont partir en fumée si je ne fiche rien » (oui je jure en latin absolument). Faute de 10 00 pas par jour, je pouvais viser 30 minutes « d’activité intense » par jour (mon podomètre est multi-tâches <3), ça me paraissait bien aussi. Et en plus ça me faisait un nouveau truc à tracker.

 

Mars 2014 : 5 minutes de sport par jour

Il fallait commencer petit. Tellement ridiculement petit que je ne pouvais pas me dire que je ne pourrais pas le faire ou que je n’aurais pas le temps. 5 minutes de sport par jour pour une phobique du sport comme moi qui ne veut surtout pas s’éloigner de son ordinateur, ça se fait… devant des vidéos youtube. Je commence donc par me trouver une chaîne de fitness qui propose des exercices pas trop compliqués et pas trop longs.

Rapidement, ces 5 minutes se transforment en 10 puis en 20-25 minutes. Et ça, ça se fait sur ma wii, rebranchée pour l’occasion, et ma wiiboard re-fournie en piles rechargeables. J’ai ma routine : je m’échauffe (merci les videos youtubes), je lance Wii-fit (retour en 2008 !) et je fais du hula hoop, du step, de la boxe en rythme. Dans cet ordre. Toujours dans cet ordre. Mais je m’ennuie vite. Très vite.

Alors je fais un truc dingue, un truc de taré monumental qu’heureusement personne ne peut voir sauf ma voisine en vis-à-vis : je tente l’exercice de la course sur place. 1 minute. 1 toute petite minute. I. CAN. DO. THIS.

Fière comme un paon, le lendemain je passe la seconde, je fais 3 MINUTES. Et quand tu commences à dépasser le personnage avec qui tu cours (virtuellement), tu cours AVEC UN PETIT CHIEN VIRTUEL. Il ne me faut pas grand chose pour me motiver, je passe à 5 minutes en un rien de temps. Quelques fois, je fais même 10 minutes. Mais même avec un petit chien virtuel, 10 minutes sur place, c’est légèrement ennuyeux sur les bords.

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Me sentant prête à affronter les regards extérieurs, je raconte ça à mes copines un soir de visionnage intensif de Bachelor.

Moi – Il m’arrive un truc de dingue : je me suis mise à courir. Sur place. Dans mon salon.
Laetitia – ça sert à rien de courir sur place.
Ma fierté – cric crac boum !
Pascaline – Bah tu pourrais le faire dehors, sur le terre-plein au milieu du boulevard. Y a plein de gens qui ont l’air d’aimer ça !
Mon instinct de survie – COURIR EN PUBLIC ? DEVANT LA FACE DU MONDE ? mais t’es folle ?!

 

Fast forward aux vacances d’été 2014 où tout part en sucette

En juillet, j’ai Irook en relais. C’est un petit golden complètement foufou avec qui je fais la course pour rentrer chez moi. Je passe la porte cochère, je constate que ne suis pas essoufflée. En plus j’ai bien rigolé. WTF ? Courir c’est fun ? Nan mais nan, c’est le chien qui est fun. Nous réitérons l’expérience course par hasard un après-midi, quand un orage nous prend par surprise en plein dans une balade dans les champs derrière chez ma mère. Courir, en short, sous la pluie. Paye ton dimanche à la campagne ! Je ne réalise pas que j’y arrive, je constate uniquement que mes petites sneakers mignonnes qui n’ont rien de baskets de course sont foutues et font « schplousch schplousch » quand je mets un pied devant l’autre.

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En août, je pars au bord de l’Atlantique. J’emmène Isca dans mes bagages, une chienne berger suisse particulièrement « tonique » comme ils disent à l’école. « Tonique » c’est le code secret pour dire « a besoin de se dépenser beaucoup« . La météo s’annonce très mitigée pour aller à la plage mais idéale pour aller faire courir la chienne en forêt. Je m’achète des baskets de running. Mais pas pour courir hein. Pour MARCHER, loin derrière elle. Et aussi parce que je n’ai que des sandalettes avec moi (cf le schplousch schplousch non règlementaire plus haut) et qu’il n’y a qu’un Leclerc Sport aux alentours, qui ne vend pas de petites baskets de fille-pas-sportive-mais-qui-brouille-les-pistes.

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Juste avant d’arriver à La Palmyre, je lis sur le blog de Darya que « courir même 5 minutes par jour c’est bon pour la santé« . Je regarde ma chienne. Je regarde mes running. Je pense très fort à ma wii et à Laetitia qui dit que ça sert à rien de courir sur place. Je réalise qu’en fait, si, ça sert à quelque chose : ça sert à savoir que tu peux courir 5 minutes sans en crever (non je ne suis pas une drama-queen !). I. CAN. DO. THIS.

Premier matin, première sortie pipi, premier run. Environ 5 minutes. Environ deux pâtés de maison et une longueur jusque la boulangerie. C’est un peu bizarre, mais la chienne a l’air d’être contente, et c’est bon pour la santé. Je décide que je me fous des kilomètres (enfin 5 minutes on parle de mètres hein, je ne suis pas dupe) et du temps exact. Je me fous de ma vitesse, de la taille de ma foulée, de ce à quoi je ressemble — de toute façon il est 7h30 du matin, il n’y a personne pour le voir !

Je suis en vacances 3 semaines. Sur le cours de 3 semaines, j’augmente progressivement mon parcours. Je pousse dans une impasse. Et dans une autre. Je vais « jusqu’à la route là-bas ». Et de l’autre côté de cette route il y a le graal, le cliché fondamental du bien-être : il y a LA PLAGE. Je me prends à rêver que je cours jusqu’au bout du petit chemin et que je vois l’océan le matin. Oui mais… Et si c’était trop loin ? Et si je ne pouvais pas revenir en courant parce que c’est trop loin ? Heureusement il me reste encore un peu de bon sens : c’est pas grave, je marcherai pour revenir, au moins j’aurai été jusque là. (je vous dis que ça ne faisait qu’1 km ? C’est fou ce que l’on peut se raconter pour se faire peur o_O).

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Le dernier jour avant de partir je cours… 44 minutes. Je réveille mon mec en rentrant pour lui agiter mon chronomètre tout neuf sous le nez (j’adore internet, le tracking ET LES ACCESSOIRES). 44 minutes. Je n’en crois pas mes yeux. Ni mes pieds. La chienne est fracassée sur la terrasse (elle fait 4 fois le parcours avec ses allées et venues). J’ai couru jusqu’à l’océan, à travers la forêt de pins, au bord du port et de la promenade. Je suis surpuissante. Je suis Rocky Balboa. JE SUIS LA MEUF QUE TU VOIS DANS UN FILM EN MODE MONTAGE-CLIP AVEC UNE CHANSON EN FOND.

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Et je suis dans la mouise car les vacances sont finies, Isca rentre à l’école et il n’y a pas de forêt de pins à Paris.

 

Retour à Paris avec ma nouvelle habitude

Comment intégrer cette nouvelle habitude à « ma vraie vie » de tous les jours ? A ma vie de civil qui bosse dans une grande ville bétonnée à souhaits ? Je vais pas y arriver. Je vais pas y arriver. Mais j’y arrive.

Pendant les vacances, j’avais postulé pour être testeuse chez Stimul – il me fallait un bracelet connecté et l’envie de faire du sport. J’ai donc eu la chance d’être retenue… Mon challenge « ok comment on fait pour avoir envie de continuer de courir dans Paris quand on débarque de la forêt de pins ? » avait du titiller les ambitions de mon futur Coach Marco ^^

Après un point d’une heure où je lui raconte ma vie comme je viens de le faire depuis le début de ce récit, il cerne un peu le monstre et me propose d’établir un plan d’action. On décide que je vais courir 30 minutes 4 matins sur 5 en semaine, 45 min chaque jour le week-end. Je prends mon googlemaps et je repère des parcours approximatifs. J’y vais en tâtonnant. Je constate que courir sur le boulevard, en fait, c’est une mauvaise idée. Alors le jour d’après je bifurque dans les petites rues. Je vois un parc ouvert alors je vais courir un peu dedans. En plus il y a une fontaine pour faire un break et boire un coup. Je tente la Coulée Verte un matin mais le passage par Bastille est parfaitement atroce à mon goût et une portion de la coulée est en travaux ce qui diminue grassement mon intérêt pour ce spot (ça a réouvert, il faut que j’y retourne !).

Je développe de nouveaux comportements en route : comme je n’ai pas de chien, j’écoute la radio. (Thomas Sotto si tu lis ce post, sache-le : je te kiffe). Je m’achète des chaussettes et un t-shirt exprès pour la course, avec un L sur la gauche et un R sur la droite : des trucs de pro ! Et je prends aussi un col pour ne pas avoir froid à la gorge. Et un bandeau pour les oreilles. Je prépare le changement de température en somme. Et j’y passe toute une carte cadeau amazon que j’ai eue pour mon anniversaire.

Tous les matins j’ai un sms d’encouragement de Marco, même quand je suis pas encore allée courir – ça me motive pour lacer mes baskets et sortir de chez moi. On échange beaucoup par texto, sur mes sensations, mes progrès, MES ACHATS D’ACCESSOIRES. Ou le fait que je suis en train d’assumer devant mes potes et même mieux : DEVANT MON FRÈRE, que « oui oui je cours presque tous les matins » sans que ça ait l’air de relever du miracle. Ne pas se concentrer juste sur l’effort sportif mais pouvoir échanger avec quelqu’un sur tous les autres aspects liés à la pratique dans mon quotidien dédramatise énormément mon rapport au sport : j’y vais très progressivement, et très progressivement je prends confiance en moi, en mes capacités. Je ne culpabilise pas si je loupe une journée. Je décomplexe complètement de l’image de la gourde en sueur dans la rue (que je ne suis pas de toute façon car j’ai un t-shirt RES-PI-RANT !).

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Bref mon coach m’aide à créer et ancrer cette habitude, petit bout par petit bout, en me soutenant, en m’expliquant quelles peuvent être les marges de progression et en m’aidant à éviter les pièges tendus par mon esprit, à base notamment de « ho nooon je veux rester sous la couette on verra demain« . Le seul frein qui me fait vraiment peur c’est la pluie. « Ah oui quand il pleut… On est plus misérable 🙂  » me dit-il. Cette façon de voir les choses me fait éclater de rire, du coup même les jours où je vois un peu de crachin dehors je souris et je sors, pour voir si c’est si terrible que ça (spoiler alert : ça ne l’est pas) (mais quand il pleut vraiment, je ne sors pas hein je tiens à ma santé, ma bonne dame !).

 

Je tiens le coup les doigts dans le nez, jusqu’au (gros) bobo

Je ne me mets jamais aucune pression de performance : je m’en fous du kilométrage (et maintenant on compte vraiment en kilomètres !). Je m’en fous si je m’arrête un peu. Je m’en fous si je fais 24 minutes au lieu de 30. L’important pour moi c’est de me lever, de m’habiller et de sortir avant que la plupart des gens soient en route pour le travail (ça fait moins de monde dans les rues). Ça devient une habitude, un réflexe, je ne me pose plus la question. Et si un matin ça tire trop dans les jambes, je fais une pause, je reprendrai le lendemain (depuis j’ai appris que c’est bien de ne pas tout le temps courir 2 jours de suite, surtout sur du béton) (et je me suis achetée les chaussettes qui maintiennent bien le mollet aussi !).

Mon coaching dure 1 mois et demi, et à la fin du test, je flippe un peu de ne plus avoir Marco comme béquille. Mais l’air de rien, tous ces progrès, ces petites victoires, toute cette régularité m’ont donné confiance en moi et je réalise que je ne sors plus en me disant « je ne vais jamais arriver à faire 30 minutes ». J’y vais, je lance la radio ou un podcast, et je ne pense plus à rien.

Aussi, en octobre, j’ai un nouveau coéquipier qui cartonne : Isséo (le frère d’isca !) qui est avec moi pour 3 semaines et qui assure à mort à la course en laisse dans Paris. Non seulement j’ai la classe avec mon loup blanc (« tu ne sais rien, Jon Snow !« ) mais en plus j’ai un super coéquipier qui s’adapte à mon rythme, n’a jamais besoin de s’arrêter et n’essaie pas de me faire la conversation ! (parler ET courir en même temps c’est m’en demander trop quand même !)

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Je continue ma pratique sans encombre en novembre, avec mon petit col et mon bandeau pour les oreilles donc, et en décembre j’ai Jixie en garde. Elle n’aime pas trop courir donc on y va mollo. J’avoue que ça me frustre un chouilla de ne pas parcourir ma petite route habituelle, mais un peu c’est toujours mieux que rien. Un soir au détour d’une sortie pipi je saute sur place pour attirer son attention, mais je me réceptionne de manière hasardeuse et une sensation très désagréable me déchire le mollet. Le lendemain, on va chercher du baume chez le pharmacien mais comme ça ne passe pas, je finis par prendre rendez-vous chez le médecin (3 semaines après bien sûr).

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le docteur – vous faisiez quoi quand vous vous êtes fait mal ?
moi – l’andouille
le docteur – d’accoooord….
moi – je peux recourir quand à votre avis ?
le docteur – Ça a fait comme des coups de couteau dans le mollet c’est ça ?
moi – ah oui tiens c’est exactement ça ! Je peux recourir quand ?
le docteur – ok alors je vous explique : vous voyez un magret de canard avec la viande en dessous et le gras au-dessus ? C’est comme si on vous avait décollé le gras d’un coup sec…
moi – ah oui c’est très précis comme image ! Je peux recourir quand ?
le docteur – pas avant un bon mois. On va vous faire porter des collants de contention.
moi – comme les vieilles dames ?!
le docteur – ou… Ou comme moi en ce moment-même.
moi – O_O’

S’en suit en réalité non pas un, mais 2 mois sans courir. La nuit je rêve que je cours. Le jour mes collants de contention me font croire que je n’ai plus mal pendant que je regarde les gens courir dans la rue avec envie. Je vois bien que je sonne comme « une accro » mais j’insiste : courir n’est pas une drogue pour moi. Je vis un combat intérieur entre la fierté de ce que j’ai accompli jusque là et la peur de ne plus revenir au même niveau de forme.

Je reprends le sport tout doucement fin février. Je reprends à zéro avec ma wii et mon petit chien virtuel. Je SAIS que je peux le faire. Je l’ai déjà fait, je sais comment ça marche. I. CAN. DO. THIS.

 

Back dans les bacs !

Je recommence de courir dehors le 21 mars dernier. Je pars pour 10 minutes et je crache un peu mes poumons (en même temps je suis sortie le jour du pic de pollution – Je suis une femme Barbara Gourde >_<), mais je suis tellement contente d’être de retour dans mes baskets que j’en fais… 18 ! (des minutes hein pas des kilomètres !)

Je me suis acheté un petit vélo d’appartement pliant, j’alterne les 2 activités et ça m’occupe aussi quand il pleut (en ce magnifique temps de printemps !). J’ai même récemment fait quelques sessions sur un vélo elliptique sans en mourir, une avancée capitale dans ma relation à l’effort (ok je regardais une série en même temps mais qui a dit que ça devait être pénible ?!). Je lis même des blogs de petites nanas qui courent et j’apprends plein de trucs et astuces pratiques et inspirants !

Je continue de dire simplement que « je cours » et quand le médecin au don de plasma informe l’infirmière que « la demoiselle est très sportive », je m’étouffe en réalisant qu’il parle de moi. Je ne me suis tellement JAMAIS définie comme ça de ma vie que je n’avais pas remarqué que c’était la plus grosse limitation que m’imposait mon esprit : une image de moi comme « la pas-sportive de service ».

Une image qui avait d’ailleurs déjà explosé en vol dans l’esprit de ma mère en octobre, quand elle m’avait vue partir pour courir 45 minutes, depuis la fenêtre de son salon. « J’aurais jamais cru voir ma fille faire ça un jour ! » Moi non plus j’aurai jamais cru voir sa fille faire ça ! ^^ Et aujourd’hui, je me dis que peut-être à l’occasion je me préparerai pour un semi-marathon pour le fun. LE FUN. <— MAIS QUI EST CETTE PERSONNE ?! Ah oui c’est moi 🙂

 

Je m’appelle Marie, j’ai 35 ans et… je cours.

Et la semaine prochaine, je vais me faire un plaisir MONUMENTAL, le couronnement absolu de cette nouvelle définition de moi-même : je vais courir. Autour des lacs. À Copenhague <3

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JUST. CAN’T. WAIT.

Petits conseils d’une grosse feignasse

  • Commencez PETIT : on n’est plus à l’école, on n’a rien à prouver sinon à nous même qu’on peut le faire, et la meilleure façon d’y arriver, c’est en relevant un mini-challenge tous les jours. Une minute par une minute s’il le faut !
  • Attention ! Le fait de courir peut susciter l’admiration de vos amis, booster votre égo et créer des sujets de conversation avec de parfaits inconnus ! Soyez prêts !
  • Trouvez une activité qui vous plaise : si ça devient une corvée, ça ne s’ancrera jamais. Qu’est-ce qui vous amuse ? Courir avec un chien ? Faire ça tout seul tranquille avec une console ? Faire du vélo en regardant le dernier épisode de Big Bang Theory ? Faire du yoga en groupe avec de nouvelles têtes ? De la gym suédoise avec vos copains gays ? Tout se tente, plus vous essayez et mieux vous savez ce qui vous plaît !
  • Les autres c’est une inspiration : Mickael et la zumba, Céline et la course à pieds, Chiara et le roller derby, Seb Vince Jipé et la gym suédoise, Fred et le foot américain, Sylvain et son rameur… Ce sont autant de mes amis qui m’ont donné envie de me bouger les fesses moi aussi et de trouver une façon de me dépenser, d’améliorer ma résistance cardio (proche de zéro !) et de m’occuper DE MOI ! Regardez autour de vous, trouvez-vous des modèles, soyez inspirés… Et lacez vos baskets !
  • Il n’y a pas que le muscle dans la vie : avoir une activité sportive quotidienne m’a « cadrée », notamment au niveau des réveils qui étaient toujours mous et grognons. Je ne saute pas du lit comme dans une pub Epéda. Mais je me lève plus facilement, et plus tôt, sans négocier entre ma couette et mon cerveau, car je sais exactement ce que j’ai à faire. Dans mes journées aussi ça fait de moi une personne plus détendue et plus concentrée. Ce qui n’était pas du luxe vu ma propension au stress et à la procrastination !
  • On a tous des marges exploitables dans notre quotidien : un peu moins de facebook, un peu plus de marche à pieds, glander devant la télé un peu moins tard, se lever un peu plus tôt… Ce sont les marges que j’ai trouvées dans mon quotidien. Avec un peu d’aide, un peu de créativité et un peu de volonté, vous devriez trouver facilement les vôtres 🙂

 

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Liens

Dr Mike : http://www.drmikediet.com (le livre existe en français)
Le blog de Darya : http://summertomato.com/
« Ce qui se mesure, s’améliore » : en réalité la citation est tournée différemment — « on ne peut améliorer ce qu’on ne mesure pas » — et attribuée à différents personnages à travers l’Histoire. Sauf que je préférais une phrase tournée de manière plus positive, et au final le principe reste le même !
Mon podomètre : https://www.fitbit.com/fr/flex
L’école des chiens guides de vincennes : http://www.chien-guide-paris.asso.fr/
Commencer petit avec les tiny habits : http://zenhabits.net/sticky/
La chaîne de fitness sur youtube : https://www.youtube.com/user/FitnessBlender
Courir 5 minutes par jour : http://well.blogs.nytimes.com/2014/07/30/running-just-5-minutes-a-day-has-long-lasting-benefits/?_php=true&_type=blogs&ref=health&_r=0&assetType=nyt_now
Mon chronomètre (attention il ne passe pas à la machine à laver !!!) : http://www.amazon.fr/Lecteur-SanDisk-Sport-Rouge-SDMX24-004G-G46R/dp/B00HCMZ19Y/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1430844966&sr=8-1&keywords=sandisk+mp3+clip+sport
Le blog d’une coureuse : http://www.annedubndidu.com/category/runningfitnesstraining/

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